À tous les pauvres il faut ouvrir notre cœur, et à tous les malheureux, quelles que soient leurs souffrances. C’est le sens du commandement qui nous demande de nous réjouir avec ceux qui sont dans la joie et de pleurer avec ceux qui pleurent (cf. Rm 12,15). Étant nous aussi des hommes, ne convient-il pas que nous soyons bienveillants à l’égard des hommes ?

Image1Veillons à la santé de notre prochain avec autant de soin qu’à la nôtre, qu’il soit bien-portant ou épuisé par la maladie. Car «nous sommes tous un dans le Seigneur» (Rm 12,5) : riches ou pauvres, esclaves ou hommes libres, bien-portants ou malades. Pour nous, il n’y a qu’une seule tête, principe de tout : le Christ. Ce que sont les membres du corps les uns pour les autres, chacun de nous l’est pour chacun de ses frères, et tous le sont pour nous. Il ne faut donc ni négliger ni abandonner ceux qui sont tombés avant nous dans un état de faiblesse qui nous guette tous. Plutôt que de nous réjouir d’être en bonne santé, mieux vaut compatir aux malheurs de nos frères. Ils sont à l’image de Dieu comme nous et, malgré leur apparente déchéance, ils ont gardé mieux que nous la fidélité de cette image. En eux, l’homme intérieur a revêtu le même Christ et ils ont reçu les mêmes «arrhes de l’Esprit» (2 Co 5,5). Ils ont les mêmes lois, les mêmes commandements, les mêmes alliances, les mêmes assemblées, les mêmes mystères, les mêmes espérances. Le Christ est mort pour eux également, lui qui «enlève le péché du monde» (Jn 1,19). Ils ont part à l’héritage de la vie céleste, eux qui furent privés de beaucoup de biens ici-bas. Ils sont les compagnons de souffrances du Christ, ils le seront de sa gloire.

La nature humaine nous fait une loi d’avoir pitié les uns des autres. En nous enseignant la solidarité dans la faiblesse, elle nous inculque le respect et l’amour des hommes !

Saint Grégoire de Nazianze