Voici l’autre devant moi, Seigneur,
Je dois le regarder « lui »
Au-delà de ma sympathie ou de mon antipathie,
Au-delà de mes idées et de ses idées,autre
De mon comportement et de son comportement.

Je dois « lui » permettre d’exister devant moi,
Tel qu’il est en son être profond
Et non l’obliger à l’attaque, à la défensive, à la comédie.

Je dois « le » respecter autre que moi,
Et non pas le saisir pour moi,
Le gagner à mes idées, l’entraîner à ma suite.

Je dois être pauvre devant « lui »,
Ne pas l’écraser ou l’humilier,
Ni l’obliger à la reconnaissance.

Car il est unique, Seigneur,
Et donc riche d’une richesse que je ne possède pas.

Et c’est moi, le pauvre, qui me tiens à sa porte,
Dépouillé, nu pour apercevoir, au fond de son cœur,
Ton visage, ô Christ ressuscité,
Qui m’invite et me sourit.

Michel QUOIST